Impact de la pauvreté sur l’apprentissage
En Belgique, 26ème pays le plus riche du monde avec un PIB en 2022 à 554 milliards d’euros, ainsi que 11,69 millions d’habitants, la population belge selon Statbel, au 01/01/2023, se composait comme suit : 65,5% de Belges d’origine belge, 21,0% de Belges d’origine étrangère et 13,4% de non-Belges. Le nombre d’enfants et d’adolescents en situation de pauvreté ne cesse de croître. Un enfant sur cinq est touché par la pauvreté et l’exclusion sociale. Pour un enfant, la pauvreté c’est le début d’une course aux nombreux obstacles qui touche tous les pans de sa vie: son accès à l’éducation, aux soins de santé, aux loisirs, aux services d’accueil de la petite enfance, à la culture, au travail, au logement parfois.
Mais c’est quoi la pauvreté ?
La pauvreté, définie comme l’incapacité à répondre aux besoins de base tels que la nourriture, les vêtements et le logement, est plus qu’une question d’argent. Elle englobe également des aspects tels que l’analphabétisme, le chômage, l’incapacité à offrir des loisirs ou des cadeaux à ses enfants, et le souci constant de l’avenir. En Europe, un ménage est considéré comme pauvre si son revenu est inférieur à 60% du revenu médian national. La pauvreté, un problème majeur, affecte de nombreux aspects de la vie, y compris l’éducation. En Belgique, les personnes peu qualifiées ont plus de difficultés à s’intégrer sur le marché du travail, ce qui augmente leur risque d’exclusion sociale et de pauvreté. Selon l’enquête EU-SILC 2018, le risque de pauvreté parmi les personnes peu instruites a fortement augmenté, passant de 18,7% en 2005 à 32,6% en 2018.
La pauvreté c’est aussi le fait de ne pas pouvoir amener ces enfants en vacances à la mer ou au ski, ne pas pouvoir faire des activités sportives ou participer à des sorties scolaires, ne pas pouvoir lui offrir le cadeau qu’il veut car c’est trop onéreux et qu’il faut garder cet argent “précieux” pour les factures qui sont parfois difficiles à régler, ne pas pouvoir proposer un repas convenable, ne pas pouvoir l’emmener à une fête d’anniversaire. Tous ces paramètres font partie de la définition de pauvreté.
Ça concerne qui ? Plusieurs profils et conséquences :
Les adultes ayant grandi à Bruxelles, dans des familles pauvres et précarisées ainsi que les conséquences sur leur vie professionnelle:
Accès limité à l’éducation : Les enfants issus de familles pauvres ont souvent un accès limité à une éducation de qualité, ce qui peut entraver leur capacité à acquérir les compétences nécessaires pour réussir sur le marché du travail. Cela peut également limiter leur accès à l’enseignement supérieur, ce qui peut à son tour réduire leurs perspectives d’emploi.
Santé mentale et physique : La pauvreté peut avoir un impact négatif sur la santé mentale et physique, ce qui peut affecter la capacité d’une personne à travailler. Par exemple, le stress chronique associé à la pauvreté peut conduire à des problèmes de santé mentale tels que la dépression et l’anxiété. De plus, les conditions de vie précaires peuvent exposer les individus à des environnements malsains, ce qui peut entraîner des problèmes de santé physique.
Réseau social limité : Les individus issus de milieux pauvres peuvent avoir un réseau social limité, ce qui peut réduire leur accès à des opportunités d’emploi. En effet, de nombreuses opportunités d’emploi sont souvent trouvées par le biais de réseaux sociaux.
Discrimination et stigmatisation : Les individus issus de milieux pauvres peuvent également faire face à la discrimination et à la stigmatisation sur le lieu de travail. Cela peut limiter leurs opportunités d’emploi et entraver leur progression de carrière.
- Les adultes qui arrivent à Bruxelles par le biais de l’immigration, qui n’ont pas été scolarisés dans leur pays d’origine et qui vivent dans la pauvreté, peuvent rencontrer d’énormes difficultés pour s’imposer sur leur lieu de travail.
Barrières linguistiques : La maîtrise de la langue locale est souvent un prérequis pour de nombreux emplois. Les immigrants qui n’ont pas été scolarisés dans leur pays d’origine peuvent avoir du mal à apprendre une nouvelle langue, ce qui peut entraver leur capacité à trouver un emploi et à communiquer efficacement sur leur lieu de travail.
Reconnaissance des qualifications : Les immigrants qui ont acquis des compétences et des qualifications dans leur pays d’origine peuvent avoir du mal à faire reconnaître ces qualifications à Bruxelles. Cela peut limiter leurs opportunités d’emploi et leur capacité à progresser dans leur carrière.
Discrimination et stigmatisation : Les immigrants peuvent faire face à la discrimination et à la stigmatisation sur leur lieu de travail en raison de leur statut d’immigrant, de leur niveau d’éducation ou de leur situation économique. Cela peut entraver leur capacité à s’imposer sur leur lieu de travail.
Accès limité aux ressources : Vivre dans la pauvreté peut limiter l’accès aux ressources nécessaires pour trouver un emploi, comme l’accès à Internet, les transports pour se rendre aux entretiens d’embauche, ou même les vêtements appropriés pour les entretiens.
Statbel, l’office belge de statistique, a publié des chiffres récents qui montrent que plus de 2,1 millions de Belges, soit 18,6% de la population, courent un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Ces personnes se trouvent dans au moins une des situations suivantes : leur revenu disponible est inférieur au seuil de pauvreté, elles vivent dans un ménage à faible intensité de travail, ou elles sont en situation de privation matérielle et sociale sévère.
Et à l’école ?
L’éducation insuffisante et le manque de soutien scolaire, souvent causés par l’incapacité des parents à lire, ont des conséquences importantes car l’éducation est essentielle pour le développement personnel et la mobilité sociale. L’éducation fournit aux enfants les outils nécessaires pour réaliser leur potentiel et contribuer de manière significative à leur communauté et à la société. Les obstacles à l’éducation limitent les opportunités futures de ces enfants.
Ces facteurs de pauvreté ont un impact direct sur l’apprentissage, en effet l’accès à la culture est impactée ; ne pas pouvoir visiter des musées, voir un spectacle, aller à la bibliothèque, faire des activités parascolaires … tous ces aspects sont des répercussions dûes à la pauvreté et concernent des milliers de personnes. Les enfants issus de familles à faible revenu ont souvent moins accès à des ressources éducatives de qualité. De plus, le stress associé à la vie dans la pauvreté peut affecter leur capacité à se concentrer et à apprendre.
La pauvreté a un impact significatif sur l’apprentissage en Belgique et dans d’autres pays également. Il est essentiel de mettre en place des politiques et des programmes pour lutter contre la pauvreté et soutenir l’éducation pour tous, afin de garantir un avenir meilleur.